Camping car

par lemexicainjaune

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« Camping-car » est le second roman de Sophie Brocas.

Trois jeunes sexagénaires décident de faire une virée en camping-car. Malgré une longue amitié et une confiance mutuelle indéfectible, des non-dits se sont installés entre eux. Mais au fil de la route et de quelques péripéties cocasses, les langues vont se délier et l’humour ramener chaque chose à sa juste place.
Camping-car, c’est l’histoire inédite d’une tranche de vie qui s’écrit et s’invente aujourd’hui autour de la soixantaine. Une période où l’on se connaît enfin, avec des projets, une vitalité, des élans. Un moment où l’on cherche à défier le temps en s’approchant de sa vérité tout en se moquant des conventions.

C’est curieux : autant « Le cercle des femmes », qui racontait une « histoire de femmes » m’avait ému et touché, autant je suis resté insensible à ce livre – qui raconte une « histoire d’hommes ». En tant qu’homme, j’ai apprécié la psychologie féminine du premier roman (sachant qu’il est bien connu que les hommes ne comprennent rien aux femmes et qu’il est facile de les berner). Alors que là, je trouve l’histoire et le comportement de ces trois bonhommes remplis de clichés. On retrouve le mari adultère qui trompe son épouse avec une jeunette mais qui, plein d’états-d’âme, aime toujours sa femme ; un homme, senior fraichement licencié qui règle un problème avec sa mère et un troisième, un peu beauf, qui est un séducteur-chasseur (et qui nous livre ses réflexions bateaux du type « ce qui est le mieux, c’est la chasse, les moments avant de passer à l’acte, etc »). Malgré un spectre masculin assez large, jamais je n’ai jamais ressenti une quelconque empathie envers ces trois amis (mais il est vrai que je n’ai pas encore soixante ans).
Pourtant, l’intention est louable : écrire une histoire d’amitié virile entre sexagénaires, un style de « copains d’abord » à la Brassens. Mais les réflexions masculines sonnent un tantinet trop fausses.
Cela dit, le livre reste tout de même agréable à lire. Une histoire gentillette, si l’on ne cherche pas la finesse psychologique masculine d’un Kundera ou d’un Singer, ni  l’amitié fraternelle d’un René Fallet.

 

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