Atelier d’écriture Bricabook #218

par lemexicainjaune

(c) Julien Ribot

(c) Julien Ribot pour la photo, (c) Bricabook pour l’atelier

Brasserie de la place. Vendredi, 20h31. Deux hommes sont assis à la terrasse, un verre de rouge devant eux.
– Tu as vu ? Les pavés du rond point sont trempés.
– Les cyclistes vont en baver, demain. Car il parait qu’en vélo « les pavés c’est l’enfer » !
– Oui. Et on dit par ailleurs, « l’enfer est pavé de bonnes intentions »…
– Attends. Si l’enfer est pavé et que les pavés c’est l’enfer alors l’enfer c’est l’enfer !
Marcel réfléchit quelques secondes, boit une goulée et répond, fataliste :
– C’est pas faux. On peut le dire. Et le paradis alors ? c’est le paradis ?
– Non. Ça n’a rien à voir. C’est du grec : para qui signifie protéger.  Un paratonnerre protège du tonnerre. Un parapluie protège de la pluie, etc.
– Alors le paradis protège du « dis ». C’est quoi le « dis » ?
– Ben, le paradis protège de l’enfer. Donc le « dis » est un synonyme de l’enfer.
– Mais alors si « l’enfer c’est l’enfer » et que le dis c’est l’enfer alors « le dis c’est le dis ».
– Exact.  Ce qui est dit est dit. Une parole c’est une parole.
– Putain ça va loin…
Marcel marque une pause et finit son verre.
– Il est bon ce vin !
– Ouais, il est d’enfer !
– Tu l’as dit !

(c) Le mexicain jaune 2016 pour le texte

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