Giboulées de soleil

par lemexicainjaune

Giboulée de Soleil

Résumé de l’éditeur
Elles s’appellent Magdalena, Libuse et Eva et partagent le même destin : de mère en fille elles grandissent sans père. Mais de cette malédiction, elles vont faire une distinction. Chacune a sa façon, selon sa personnalité, ses rêves, ses lubies, son parler et l’époque qu’elle traverse. Malgré elles, leur vie est une saga : Magdalena connaîtra l’annexion nazie, Libuse les années camarades et Eva la fin de l’hégémonie soviétique. Sans cesse des imprévus surgissent, des décisions s’imposent, des inconnus s’invitent. À chaque fois, Magdalena, Libuse et Eva défient tête haute l’opinion, s’adaptent et font corps. Au fond, nous disent-elles, rien n’est irrémédiablement tragique, même les plus sombres moments.

Ce que j’en pense

Grosse claque que l’histoire de cette lignée de femmes bâtardes en tchécoslovaquie de 1930 à 1980.
Ce livre est dur. Une impression de relire « La Terre » d’Emile Zola : des paysans attachés à leur terre, prêt à tout pour défendre leurs intérêts – ici la nouvelle cause des coopératives communistes – et au centre, le destin de femmes, tour à tout bâtardes et filles-mères, ballottées entre de brèves et fulgurantes histoires d’amour et la violence des hommes.
Ce premier roman, plein de poésie est d’une force incroyable. Sans doute la magie de la langue française modelée directement par une auteure de Moravie – comme un autre illustre tchécoslovaque, Kundera (sans oser toutefois la comparaison, mais ce premier roman est diantrement prometteur).

Extrait p111
– Et qu’est-ce qu’on fait quand les larmes montent toutes seules?
– On les avale, on les économise pour les grandes occasions.
– Les « grandes occasions » ? Lesquelles ?
– Quand c’est trop fort. Comme la beauté, par exemple. On peut pleurer lorsqu’on rencontre la beauté. Le jour où tu pleureras pour ça, tes larmes auront de l’importance. Tu verras (p111) 

Extrait p174
Maman Marie a arrêté net d’éplucher la patate et a réfléchi, assez longuement, puis elle m’a dévisagée attentivement. J’aime bien être regardée par maman Marie, elle me donne une intensité.
– En voilà, une question qui mérite d’être posée ! Ma petite, le bonheur c’est comme une tasse de café que l’on boit à son rythme.

Oui, voilà, ce livre, malgré ma rudesse d’ancien révolutionnaire mexicain de 1910 à 1916, je l’ai apprécié comme une bonne tasse de café que l’on boit à son rythme.

« Giboulées de soleil » – Lenka Hornakova-Civade – Alma Éditeur – 296 pages

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