Le convoi de l’eau – Akira Yoshimura

par lemexicainjaune

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Résumé de l’éditeur
Un homme étrange s’engage au sein d’une équipe chargée de construire un barrage en haute montagne. Perdu dans la brume, tout au fond d’une vallée mal connue, se révèlent les contours d’un hameau, mais les travaux ne sont pas remis en question par cette découverte: le village sera englouti sous les eaux.
Au cours de ce terrible chantier, le destin de cet homme entre en résonance avec celui de la petite communauté condamnée à l’exil. A la veille du départ aui leur est imposé, il observe les premières silhouettes alignées sur le sentier escarpé. Elles sont innombrables et portent sur leur dos un singulier fardeau.
Des images de toute beauté, inoubliables.

Ce que j’en pense
Je connaissais Yoshimura pour « le spécimen transparent » et « la jeune fille suppliciée sur une étagère », deux livres qui allient étrangeté morbide et poésie. Ici, nous retrouvons ce subtil mélange complexe. Le narrateur sort de prison et s’engage comme ouvrier sur un chantier de barrage, loin de la ville et de son passé. Il va trouver dans ces montagnes le calme qu’il lui faut pour une introspection. L’étrange destin de ce village, éloigné depuis quatre générations de la civilisation et une sinistre mésaventure (que je ne peux dévoiler sous peine de gâcher l’intérêt du lecteur) va éveiller chez lui de bien profondes réflexions et le sort des villageois va trouver  un écho dans ses récentes mésaventures.
C’est un livre court, très beau, où l’ambiance est magnifiquement retranscrite (comme souvent chez les japonais – je trouve) et où même la mort est sublimée.

Extrait p108
« Je me rappelais vaguement qu’au moment où je brandissais la bûche, la voix de celle de quatre ans répétait sans arrêt : « Fais pardon, fais pardon » d’un ton plaintif. 
En prison, les gardiens m’avaient plusieurs fois demandé si je voulais rencontrer mes filles. Mais chaque fois j’avais refusé d’un signe de tête. Elles nous avaient surpris dans la laideur, et je pensais ne plus avoir le droit d’être leur père. »

 Akira Yoshimura – Le convoi de l’eau – Babel, 173 pages.  (En vente uniquement chez votre libraire). 

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